12. avr., 2022

11/04/22

Nous étions quelques-uns qui, sans se concerter, sans se connaître, un peu partout en France, avions appelé à boycotter la présidentielle. Nous demandions aux candidats de gauche de récuser cette élection soi-disant «démocratique»; de refuser de participer à cette compétition électorale dont les vainqueurs avaient été désignés d’avance par les forces financières et leurs domestiques médiatiques.

Pas plus que Cassandre en son temps, nous n’avons été entendus et ce que nous redoutions s’est produit inexorablement.Macron/Le Pen—«le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie mais son évolution en temps de crise» disait Brecht.

Cela mérite qu’on y réfléchisse.
Notre appel au boycott se doublait d’un autre: tout le pouvoir aux législatives.
Sur le modèle qui avait permis à François Ruffin de l’emporter dans une circonscription promise au Front National (c.a.d l’union de tous les partis de gauche derrière le candidat), nous encouragions tous ceux qui se battent pour le bien commun contre les tenants du profit individuel à faire bloc; à faire sans attendre liste unique.Les législatives sont aujourd’hui la dernière chance d’éviter que s’établisse un gouvernement néo-fasciste aux ordres des financiers qui dominent l’économie, les médiaset la politique.Car, ne nous y trompons pas, M. Macron présente de façon poudrée, d’un cynisme et d’une hypocrisie exemplaires, ce que Mme Le Pen présente de façon, vulgaire, brutale et tout aussi hypocrite. En bref:
-Destruction systématique des services publics bradés au privé;
-Tout le pouvoir à la police (les «forces de l’ordre» pourront continuer en toute impunité à crever des yeux et couper des mains);
-Soumission au commandement américain dans tous les conflits présents et à venir;
-Persécution des plus pauvres, des migrants, des travailleurs sans papiers, des précaires, des chômeurs, des sans-dents;
-Ostracisation des forces syndicales et de tous les protestataireszadistes, non-violents, internationalistes;
-Xénophobie et racisme d’État;
-Une école pour les riches, de l’apprentissage pour les pauvres;
-Des cliniques pour les riches, des mouroirs pour les pauvres;
-Des conseils arbitrauxpour les riches, des tribunaux pour les pauvres;
-Des salaires pour les riches, de l’auto-entreprenariat pour les pauvres
-Culte du chef ou de la cheffe, «l’élu(e)» au sens religieux du terme,
Etc.
Et, surtout, du mépris pour tous.
Contrairement à la farce présidentielle, les législatives sont «gagnables». Il n’est plus temps de mendier son quart d’heure de gloire médiatique; de laisser les appareils entretenir la foire aux illusions; d’avoir pour seul drapeau «moi d’abord!». Gagner doit être le seul et unique but des forces de gauche.
Vive la Sociale !

Gérard Mordillat